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L’assainissement en passe devenir une source de développement durable dans quartiers de la périphérie de Kinshasa

Kinshasa, ville de plus de 17 millions d’habitants continue sa croissance démographique effrénée, en raison de son développement mais aussi des migrations dans et autour de ce pays immense d’Afrique centrale.

Comme beaucoup de grandes métropoles africaines l’agrandissement de la ville passent surtout par le développement de quartiers informels et non structurés. En effet les gens achètent des parcelles toujours plus éloignées de la ville pour trouver un peu de calme et surtout des prix abordables mais les services publics ne suivent pas. Ainsi les quartiers de la zone péri-urbaine de Kinshasa n’ont pas accès a l’eau, très peu de routes et de canalisations et la plupart des habitants ont recours à des groupes électrogènes pour avoir de l’électricité.

Une innovation kinoise a pourtant eu lieu depuis quelques années avec le développement des ASUREP, des associations d’usagers des réseaux d’eau potable qui prennent en charge leur propre réseau d’eau. Ils se constituent en assemblées démocratiques avec des élus parmi les propriétaires de chaque rue et se concertent pour mettre à disposition le terrain nécessaire à l’installation d’un réseau d’adduction d’eau.

L’AFD, l’UE et la Couronne Belge ont fait confiance à l’ADIR, un bureau d’étude associatif local, pour structurer ces associations en fédération et assurer l’installation de leur réseau d’adduction d’eau potable, avec des forages à plus de 100 mètres de profondeur pour garantir la qualité de l’eau.

Grâce à une gestion exemplaire de la plupart des ASUREP, ces dernières ont réussi a généré un profit sur la vente de l’eau et ainsi financer des activités complémentaires comme la construction d’écoles, de bibliothèques et de services d’assainissement basique avec de la collecte de déchets.

L’ADIR a sollicité TDM pour développer des modèles de gestion d’assainissement durable par les ASUREP. Il s’agit de l’assainissement liquide, avec la construction de blocs sanitaires, et d’assainissement solide avec la pré-collecte et valorisation des déchets au sein même des quartiers. Il est à noter qu’à ce jour, il n’y a pas de système de collecte municipale dans ces quartiers et que le centre d’enfouissement technique construit aux abords de Kinshasa ne fonctionne pas ou que très partiellement.

Les études préliminaires et ateliers de formation ont permis d’identifier plusieurs problématiques locales spécifiques liées à l’assainissement telles que :

  • la présence d’érosions dues à la non-gestion des écoulements et modification du couvert végétal due a l’urbanisation,
  • l’utilisation massive de piles dans les foyers en raison du manque d’accès au réseau électrique,
  • l’utilisation de latrines dans des bidons enterrés car l’espace au sein des parcelle n’est pas très restreint,
  • un vif intérêt pour de l’innovation qui garantira une plus grande implication des populations dans les services d’assainissement qui vont être créés.

Suite à ces analyses, TDM développe actuellement des solutions sur-mesure pour ce contexte qui vont impacter plus de 200,000 personnes et que la FEDASU aura la charge de promouvoir auprès de l’ensemble des ASUREP impactant ainsi près de 3 millions de Kinois.

Parmi les solutions adoptées, des blocs sanitaires avec un traitement par bio-digestion vont permettre d’apporter une solution d’hygiène nécessaire dans les quartiers, mais aussi la production de biogaz à partir des excrétas et des déchets qui sera transformé en électricité pour les recharges de batteries du quartier. Cette action va aussi contribuer à réduire l’utilisation des piles qui pourront être remplacées par des batteries, et ainsi limiter la quantité de pollution aux métaux lourds.

De plus, un service de toilettes mobiles pour atteindre les espaces très denses proches des marchés ou aucun espace n’est disponible pour des infrastructures d’assainissement pourtant nécessaires, sera aussi mis en place avec des toilettes à compostage développée par un entrepreneur local avec le soutien de TDM.

Enfin pour les déchets un modèle de pré-collecte à domicile avec tri à la source est en cours d’élaboration. Les papiers et cartons seront apportés à une usine en échange de papier toilettes qui sera fourni pour alimenter les boutiques : un système de troc en quelque sorte : des déchets pour du papier toilettes !

Les déchets organiques seront valorisés en compost, et une pépinière sera créée afin de produire les plantes anti érosives nécessaires à la bonne gestion des érosions qui menacent les quartiers.

Les plastiques seront transformés en pavés pour améliorer les voies de circulation et lutter contre les érosions.

Le reste des déchets non valorisables sera dépollué de ses éléments contaminants tels que les piles et e-déchet notamment, avant d’être enfouis dans les érosions et stabilisés par les plantes pour récupérer des parcelles.

Les études étant en grande partie terminées, la phase de construction et mise en place des solutions a commencé et se déroulera au fil de 2019 : affaire à suivre !

2018-12-19T15:48:06+00:00mercredi 19 décembre 2018|Lettre d'actualité décembre 2018|