• Le point sur la situation en Métropole

Le 11° état des lieux national des bidonvilles et squats fait par la DIHAL[1] est sorti en octobre ; il fait état d’au moins 16 090 personnes sur 497 sites dans 41 départements. Parmi les 306 sites pour lesquels des infos plus différentiées ont été communiquées, on recense 4200 mineurs, donc plus du quart. Un tiers de ces personnes vivent en Ile de France.

Ces chiffres traduisent une augmentation de 9 % par rapport au recensement précédent de cette source. La Dihal attribue l’essentiel de cette augmentation à l’amélioration de l’information fournie par ses correspondants départementaux.

  • Activités de ce pôle d’action à TDM ce dernier semestre

Suite à nos constats et réflexions partagés dans la dernière lettre d’info, l’été a été consacré à la mise en œuvre de la prestation en Toilettes Sèches Mobiles qu’il semblait pertinent de proposer une prestation complémentaire aux solutions techniques exposées dans le GAPS. L’augmentation des expulsions ces dernières années rend aléatoire la mise en œuvre de solutions élaborées et « construites » à moyen terme et appelle à des solutions rapidement mobilisables. Certaines caractéristiques des terrains ou environnements proches rendent aussi ces alternatives plus adéquates ; un exemple en est donné ci-dessous.

Le dépliant (voir ci-contre) de présentation de cette prestation en décrit les principales caractéristiques : sa diffusion a commencé en novembre. Ainsi 3 types de prestations mobiles sont prévues selon le diagnostic initial, pour répondre aux situations exposées qui sont très diverses. L’un des 3 modèles, prévu plutôt pour de gros campements (plus de 100-150 occupants), sera disponible dès janvier.

Les filières utilisées pour l’évacuation des matières pathogènes vers des sites de compostages sont celles utilisées par certains de nos partenaires du RAE[2] pour les TSM de chantier, Toilettes&Co et Les Gandousiers.

Plaquette de présentation de la prestation complémentaire de TDM

  • Une réalisation illustrant l’intérêt d’une telle prestation

Contexte :

Fin octobre, expulsion d’un campement de 75 – 80 personnes dans le département 95 : 15 familles, 14 enfants.

Deux tiers du campement environ se réinstallent un peu plus loin pour ne pas perdre ses principaux repères : lieux d’activité pour les pères de famille et de scolarisation pour les enfants. Les occupants se cotisent assez vite pour assainir le terrain en comblant les poches d’eau stagnante, et débarrassent l’essentiel des détritus déposés là avant leur arrivée.

Mais, installés près d’une zone de captage d’eau, assez vite les agriculteurs du voisinage protestent auprès de la préfecture en craignant une contamination des eaux d’arrosage.

Première phase de l’action :

  • Le 27 novembre l’association d’accompagnement à l’insertion des occupants (ACINA[3]) contacte TDM,
  • un diagnostic initial succinct centré sur le « risque » majeur (les eaux noires) est réalisé, un projet en 2 temps est élaboré, mobilisation des moyens matériels & humains pour l’installation rapide de 3 toilettes sèches mobiles, et entretiens avec les occupants : ceux-ci n’avaient pas très bien compris les enjeux mais finalement adhèrent complètement au projet et détruisent eux même leurs toilettes « provisoires » après quelques précautions vis à vis des sous-produits,
  • le 17 décembre 3 toilettes sèches mobiles sont installées avec la participation des habitants,
  • parallèlement les pourparlers avec les institutions municipales, départementales, préfectorales (et DDCS) sont menés par  l’association ACINA pour désamorcer les inquiétudes des agriculteurs. La solution TSM qui permet d’évacuer tous les sous-produits éventuellement pathogènes en bidons étanches vers une aire de compostage éloignée sont un point fort dans ces négociations.

(Le paradoxe est qu’une fois compostés – et donc hygiénisés – ils seront utilisés par… un agriculteur !)

Les moyens : à court terme, ACINA et TDM contribuent respectivement pour 1/3 et 2/3 des coûts engagés pour cette première phase. L’installation et la location des cabines ainsi que l’ingénierie sociale sont les principaux postes budgétaires. TDM met à disposition les toilettes pour 3 mois pendant lesquels un travail plus global sur les différentes composantes de la précarité sanitaire, avec notamment l’installation d’un dispositif minimum de traitement des eaux usées (dans la mesure où le campement pourra être alimenté un minimum en eau qui manque cruellement actuellement !) et l’auto construction « accompagnée » de leurs propres cabines par les occupants ce qui permettra de diminuer de façon très conséquente les coûts ultérieurs.

  • Une chargée de Projet à mi-temps à partir de mi-janvier :

D’autres demandes, très différentes, se font jour d’ores et déjà. Pour anticiper sur les demandes et pour le redéveloppement de l’ensemble de nos actions sur ce pôle « précarité sanitaire France » TDM va embaucher Bélinda HUAU début 2019. Elle sera basée en Ile de France sur le Campus de l’innovation IRD (Bondy – 93).

[1]    Délégation Interministérielle à l’Hébergement et à l’Accès au Logement.

[2]    Réseau de l’Assainissement Écologique

[3]    Accueil Coopération Insertion pour les Nouveaux Arrivants